Oiseaux de nuit

Veilleuses chronobiologiques pour le travail à domicile

Les libertés nouvelles qu’autorisent les technologies de communication nous amènent à individualiser notre rapport au temps. Paradoxalement, cette émancipation, en nous donnant la liberté d'amplitude de nos activités quotidiennes, questionne notre équilibre biologique. Les travailleurs à domicile sont aujourd'hui les premiers à risquer ce déséquilibre au profit d'une rentabilité professionnelle.

 

Pour préserver notre temps de sommeil, les connaissances actuelles en chronobiologie ont un rôle important à jouer. Avec l'expertise de cette discipline il est possible d'identifier d'autres retardateurs de sommeil que la lumière des écrans : comme celle des lampes de bureau.

Les "traveilleurs"

Lorsque l’on travaille là où l’on vit, le seul moyen de passer d’une sphère privée à une sphère professionnelle c’est de distinguer dans le temps ce qui ne l’est plus dans l’espace. Nos outils de comptage deviennent alors aussi des outils d'affectation du temps.

 

Si en général le télétravail est occasionnel et encadré par une entreprise, il existe bien d'autres formes de travail à domicile plus hasardeuses. Le moment symptomatique du travail à domicile est certainement la nuit, parce qu'elle met en tension le plus social et le plus intime des temps, celui du travail et celui du sommeil.

 

Avec les emplois à temps partiel, l'éloignement des lieux de travail, l'auto-entreprenariat et l'allongement des études il est pourtant de plus en plus fréquent de travailler chez soi la nuit. Par manque de temps ou simplement pour trouver du sens dans une autre activité, nombreuses sont les raisons de renoncer à quelques heures de sommeil.

Éclairer sans éveiller

Les Oiseaux de nuit accompagnent les «traveilleurs» en encadrant le travail nocturne et en remplaçant les éclairages mélanopiques.

 

Ces veilleuses, en éclairant avec peu de lux mélanopiques, produisent une lumière visible pour l'oeil mais invisible pour notre horloge biologique. Préservant ainsi ce temps de repos vital des effets néfastes de la veille.

Chronobiologie

Contrairement aux horloges, le corps humain ne dispose pas d'un quartz ou d'un balancier et encore moins d'une horloge atomique pour compter le temps avec régularité. Et pourtant, ce corps, même s'il semble dénué de toute technologie horlogère, peut présenter un grand nombre de phénomènes réguliers ou oscillants. Des phénomènes aussi courts et modulables que les battements du coeur ou la respiration. D'autres d'à peu près un jour comme l'alternance veille sommeil que l'on qualifie de rythme circadien. Il existe même des rythmes infradiens, beaucoup plus lents qu'un cycle de 24h, comme les cycles menstruels, le rythme de croissance ou la production de certaines hormones.

Tout porte donc à croire que le corps est rythmé par quelque chose, une sorte d'horloge de chair de chair en somme. Mais si une telle horloge existe, alors comment fonctionne-t-elle ? Où se trouve-t-elle ? Peut-elle être déréglée ou remise à l'heure ? Y en a-t-il une seule ou plusieurs ? Et surtout est-elle endogène (c'est-

à-dire en nous de manière innée, autonome et dissociée du monde extérieur) ou au contraire est-elle exogène (c'est-à-dire dépendante d'autres phénomènes issus de notre environnement) ? La science qui a tenté de répondre à ces questions en étudiant l'organisation temporelle des êtres vivants est la chronobiologie. Depuis les années 60, cette branche de la biologie nous a permis de comprendre les nombreux mécanismes qui se cachent derrière la production des rythmes et leur mode synchronisation aux stimuli extérieurs.

On dispose aujourd'hui de suffisamment d'informations sur la régulations des fonctions physiologiques pour créer des profils types comme ci-dessous. Même si les horaires indiqués ici ne sont que des moyennes observées, la chronologie de ces phénomènes est avérée. Il faut donc voir cette représentation comme des variables physiologiques que notre corps module en permanence.

Chronotype

La période de l'horloge biologique n'est pas d'exactement 24h, un peu plus ou un peu moins selon que l'on ait un chronotype lent (couche-tard, lève-tard) ou rapide (couche-tôt, lève-tôt).

24h30 ]

[ 23h30

Récepteurs impliqués

Pour corriger cette période endogène approximative notre cerveau est synchronisé aux 24h par un facteur extérieur important : La lumière.

Un troisième type de capteur différent des cônes (perception des couleurs) et des bâtonnets (perception de l'intensité lumineuse) a été découvert en 2002 : Les cellules ganglionnaires à mélanopsine. Contrairement aux cônes et aux bâtonnets, ces cellules ne sont pas directement reliées à la partie du cerveau responsable de la vision mais seulement au Noyau suprachiasmatique chargé de la production de la mélatonine (hormone régulatrice du sommeil).

Lumière mélanopique

Ces cellules à mélanopsine sont particulièrement sensibles aux longueurs d'ondes comprises entre 450 et 550 nm, ce qui correspond en grande partie à lumière bleue. Une lumière qui active ces cellules et bloque la production de mélatonine est ce que l'on appelle une lumière mélanopique.

4 facteurs mélanopiques

{

Éclairement (lux)

Longueur d'onde (nm)

Heure d'exposition

Durée d'exposition

Cahier des charges

À partir de ces données un cahier des charges chronobiologique et horloger de la veilleuse a pu être établi.

[ 200 lux - 700 lux ]

Afficher seulement l'heure

Pour que seul le mouvement imperceptible de l'heure apparaisse et ne gène par le traveilleur.

[ 550 nm - 620 nm ]

Zone des 7 heures

Important d'indiquer la zone des 7 heures de sommeil minimum.

Début d'utilisation à 21 : 00

Car c'est l'heure moyenne où l'on commence à produire de la mélatonine et à partir de laquelle les horaires de travail sont dits "atypiques "

Cadran de 24h

Un cadran de 24H offrira une meilleur lisibilité du cycle circadien en cours.

Aucun chiffres

Il faut rendre la lecture de l'heure plus difficile pour éviter que sa lecture soit automatique et involontaire.

Une horloge qui éclaire ?

Par soucis de discrétion il semblait préférable d'inscrire la veilleuse dans l'archétype d'objets de bureau existants  afin qu'elle ne soit pas vécue comme un objet de plus sur le plan de travail.

Une lampe qui donne l'heure ?

Toujours dans l'optique d'utiliser à bon escient la lumière déjà présente dans l'objet, on peut envisager une lampe où ce sont les ombres portées produites par sa source lumineuse qui donnent les indices temporels.

Prototypes :

Horloge Asio

Asio est une horloge dont le disque lumineux peut être réglé en fonction de l'heure de réveil pour visualiser un horaire limite de travail tout en préservant l'utilisateur d'une exposition prolongée à une lumière mélanopique.

Minuit est indiqué par une lune, l'aiguille est une ombre portée mobile et la bande projetée de couleur ambrée est la zone des 7 heures.

Lampe Bubo

Bubo est une lampe montée d'un disque qui fait office de miroir orientable ou de cadran selon inclinaison. Sur une face le miroir teint la lumière pour la rendre plus chaude et sur l'autre le cadran tourne sur lui-même pour indiquer l'heure avec l'ombre de l'aiguille fixe.